Le bien-ĂȘtre du cheval de sport
- Michel Robert
- 12 mai 2016
- 3 min de lecture
Michel Robert est un cavalier international de CSO. Son équitation est fondée sur le respect et l'harmonie avec le cheval..
Sa vision du bien ĂȘtre :
Les chevaux ne savent pas ce que lâon attend dâeux, combien ils ont Ă©tĂ© achetĂ©s, quelle carriĂšre vous envisagez pour eux... Tout cela n'a pas de sens pour eux. En revanche, ils sont aussi inquiets que les cavaliers de ce qui va leur arriver. Lorsquâils changent dâĂ©curie, ils quittent parfois un ami cheval ou humain. Eux aussi peuvent souffrir dâune sĂ©paration.
Aussi, je pense quâil est important de se projeter dans la peau de nos chevaux. « Dans cette situation, quâest-ce que je ferais, quâest-ce que je ressentirais ? ».
Imaginez-vous somnolant tranquillement chez vous, quand tout Ă coup quelquâun surgit sans prĂ©venir, vous traĂźne sans mĂ©nagement hors de votre chambre, vous Ă©trille, vous compresse le ventre, sâassoit brutalement sur votre dos, vous tord le cou Ă droite, Ă gauche et vous laboure les cĂŽtes Ă grands coups dâĂ©perons... A votre avis, quelle serait votre rĂ©action ?
Ces situations sont vĂ©cues tous les jours par une majoritĂ© de chevaux. « AprĂšs tout ce ne sont que des animaux ! » diront certains. Ce raisonnement trĂšs rĂ©pandu en arrange plus dâunâŠ
Je me souviens quâĂ lâĂ©poque oĂč je faisais du complet, un instructeur nous conseillait de monter les chevaux âsous lâemprise de la terreurâ. Quelle belle perspective pour eux !
Bien sĂ»r les temps ont changĂ©, mais combien de cavaliers pensent encore que dĂšs la sortie du box un cheval doit ĂȘtre soumis, la tĂȘte en place, obĂ©issant comme une machine.
Trop de chevaux sont considérés comme des esclaves !
Pourtant, comme les humains, ils ont leur histoire, leurs besoins, un physique, un mental, un caractĂšre... Certains chevaux ont besoin de jouer, dâautres de rigueur, de rĂ©compenses... ou mĂȘme des trois Ă la fois au cours dâune mĂȘme sĂ©ance. Lâimportant est de savoir en tenir compte afin quâils puissent sâĂ©panouir et avoir du plaisir Ă travailler avec nous. Je pense quâil est important de faire lâeffort de comprendre ce qui peut leur manquer.
Le jeu, par exemple. Il nâest pas contre-indiquĂ©, mĂȘme sâagissant de notre sport. Personnellement, en dĂ©but de travail, Ă la maison ou sur les paddocks, jâaime bien laisser mon cheval se distraire le nez au vent, goĂ»ter lâherbe, se gratter la tĂȘte sur les antĂ©rieurs ou faire quelques sauts de mouton. Câest important, Ă la fois pour libĂ©rer les raideurs physiques accumulĂ©es par les sĂ©jours prolongĂ©s en box, mais aussi pour son mental. Il faut permettre ces temps de libertĂ© oĂč le cheval pourra exprimer sa joie de vivre ou tout simplement ses envies du moment. Dans le respect bien sĂ»r des rĂšgles de sĂ©curitĂ©. Une fois que le cheval a goĂ»tĂ© lâherbe, reniflĂ© le nouvel objet sur la carriĂšre, regardĂ© Ă droite, Ă gauche, il est dans de bien meilleures dispositions pour se concentrer sur les demandes de son cavalier.

Jâajouterai que les chevaux savent trĂšs bien faire la diffĂ©rence entre les moments de distraction et les moments plus stricts de travail. Pourquoi ne pas remplacer, de temps Ă autre, une reprise de dressage par un gymkhana entre des quilles ou des barres ? Les chevaux aussi ont besoin de jouer et de ârigolerâ un peu. Donner des carottes pour se donner bonne conscience, câest bien. Mais plus de comprĂ©hension pour rendre la vie de votre cheval plus agrĂ©able, câest encore mieux !
Pour aller plus loin, Michel Robert met Ă la disposition des cavaliers de tous niveaux ses 40 ans dâexpĂ©rience dâhomme de cheval, de coach et de compĂ©titeur international :

