Structures et fonctions corporelles

Bien connaître les structures corporelles et Les fonctions biologiques du cheval est une première étape vers une compréhension plus fine de ses besoins. 

Fonctions biologiques

Les fonctions biologiques dépendent des structures corporelles, qui se complètent ou s'associent pour assurer la survie de l'individu et de l'espèce

 
Alimentation et miction

 Les chevaux vivant à l’état sauvage parcourent de longues distances à la recherche de nourriture, d’eau ou d’abris (zones à l’ombre, à l’abri du vent…). Les territoires qu’ils occupent sont généralement vastes. A l’état naturel, les chevaux consacrent plus de 12 à 15 heures (par 24h) à s’alimenter durant la journée et une partie de la nuit. Ils se déplacent tandis qu’ils broutent, mastiquent, salivent, digèrent doucement les aliments, tête en bas.. 

Le cheval a la particularité d'être un herbivore avec un petit estomac, le volume qu'il ingère doit être important mais fractionné en plusieurs repas. Le poulain commence à essayer de brouter à partir de la deuxième semaine. La coprophagie est fréquemment observée et permettrait l’ensemencement du gros intestin par les micro-organismes. 

Par ailleurs, les zones de miction et de défécation sont isolées des zones consacrées à l’alimentation et constituent des zones de refus.

 

Le cheval est très méticuleux dans le choix des végétaux qu’il absorbe, il trie avec soin ses aliments, en utilisant le bout de son nez (vibrisses) et en saisissant les végétaux entre ses incisives. Les préférences sont variables selon les individus et leurs apprentissages.

L’alimentation naturelle est très diversifiée et constituée d’herbe, de bourgeons, de jeunes pousses, de feuilles, de baies et de fruits, de fougères, de branches d’arbres, d’écorces d’arbres...

Un cheval boit normalement de 35 à 50 litres d’eau par jour, selon la température, son activité... A l’état naturel, il boivent 2 à 3 fois par jour en allant au point d’eau. Les chevaux n’urinent ni ne défèquent jamais à cet endroit.

 

La fréquence de miction est variable. Elle n’est jamais inférieure à trois par jour. En moyenne on en observe de 7 à 11 par jour, plutôt durant la nuit et les périodes de repos, à des endroits bien déterminés.

La fréquence de défécation est variable selon l’alimentation. Cette élimination est réalisée en moyenne 5 à 12 fois par jour, là aussi à des endroits déterminés. De plus, cet endroit sert en général à plusieurs individus et participe à la palette de comportements sociaux du cheval. En box ce comportement est très variable selon les individus. certains individus défèquent et urinent toujours au même endroit dans leur box, alors que d’autres n’ont pas de zone de prédilection.

Outre le rôle purement physiologique de ce comportement, on a pu s’apercevoir que l’émission d’urine et de fécès était liée à l’activité sexuelle et pouvait jouer un rôle dans la communication, surtout chez l’étalon.

 
Respiration et circulation
Respiration et circulation

La fonction principale de la respiration est donc d’amener l’oxygène (O2) à toutes les cellules de l’organisme et en retour, de prendre en charge le gaz carbonique (CO2) pour le rejeter. Mais les voies respiratoires permettent aussi de purifier l'air, de le réchauffer, de l'humidifier et de produire des sons !

Les voies respiratoires vont assurer la distribution de l’air aux poumons et la respiration comprend une série d’actes mécaniques pour amener l’air au contact des alvéoles pulmonaires. La cage thoracique assure la protection des poumons et la mécanique respiratoire.

La fréquence respiratoire chez le cheval est de :

 

  • 10 à 15 cycles (INSPIR - EXPIR) par minute au repos,

  • 18 cycles au pas,

  • 52 cycles après une petite séance de trot,

  • 70 cycles après cinq minutes de galop.

 

On évalue la fréquence respiratoire grâce aux mouvements des flancs et ou des naseaux.

La fréquence cardiaque du cheval est de 25 à 40 battements par minute au repos et peut dépasser 220 bpm à l'effort. Elle est variable entre individus et dépend de l'âge, du stress, de son état sanitaire, de la douleur, etc.

 
Sommeil

Le sommeil comprend plusieurs phases successives : le sommeil superficiel ou somnolence, le sommeil profond et le sommeil paradoxal, il est indispensable physiologiquement et pour l’établissement et le maintien de bonnes relations entre le cheval et son environnement.

Le cheval dort peu, 3 à 5 heures au maximum, et le cycle de sommeil peut apparaître plusieurs fois dans la journée, lorsque le cheval ne se sent pas menacé. Le foal passe beaucoup plus de temps à dormir et consacre près d’un tiers de son temps allongé, en décubitus sternal ou abdominal et latéral.

Lorsque le sommeil n’est que superficiel, le cheval se tient debout mais ses muscles sont relâchés : tête basse, yeux mi-clos et parfois la lèvre inférieure pend. Le plus souvent, un postérieur est au repos et l’autre est en appui ; la rotule est bloquée grâce à un système anatomique particulier qui maintient le membre droit. Le temps passé en sommeil debout augmente avec l’âge.

Afin que le sommeil devienne plus profond, le cheval doit se coucher. D’abord sur le ventre puis, lorsqu’il se sent suffisamment en sécurité, en décubitus latéral. Le réveil en sursaut peut être rapide, mais le cheval est alors très agité.

Le sommeil paradoxal correspond à la phase suivante, lorsque le cheval rêve. Durant cette phase le sujet est très difficile à réveiller et le relâchement musculaire est complet, il est donc particulièrement vulnérable.

 
Reproduction et poulinage

Les mâles sont mâtures sexuellement vers l’âge de 15 mois. Les juments sont mâtures vers l’âge de 18 mois, mais les premières saillies ont en général lieu plus tard. 

Dès l'âge de la puberté) l'oestrus (période d'ovulation) va durer 5 à 6 jours pour un cycle oestral de 21 jours chez la jument. Ces cycles se répètent entre le printemps et l'automne. En hiver, l'activité sexuelle de la jument est nettement diminuée, voire inexistante (en dehors de conditions particulières d'éclairement). S'il y a eu fécondation, la gestation va durer 11 mois. 

Les juments poulinent le plus souvent le matin très tôt. La tétée a lieu 2 heures environ après la naissance ; le poulain se place tête bêche avec sa mère et donne des coups de tête dans sa mamelle (stimule la production d'hormones de lactation).Les tétées sont très fréquentes dans les premières heures de vie : elles ont lieu environ 7 fois par heure, à 6 mois elles n’ont lieu plus que 1 fois par heure. Elles peuvent durer entre 15 secondes et plusieurs minutes.

 
Sensorialité 

Le cheval est un animal nidifuge, il naît avec des facultés sensorielles très développés et ses organes des sens sont en constante activité.

Audition

Leur faculté auditive est importante, ils peuvent percevoir des fréquences allant jusqu’à 25000 Hz et les ultrasons. Leurs oreilles sont particulièrement mobiles, orientées indépendamment l’une de l’autre, elles peuvent tourner chacune de 180°. L’animal les oriente vers les sons qu’il souhaite écouter.

 

Odorat

Du point de vue de l’olfaction, celle-ci est développée et joue un rôle prépondérant dans la vie du cheval, il est particulièrement sensible à l’odeur des aliments qu’il ingère et peut bouder un aliment de parfaite qualité si l’odeur lui est désagréable (98). De plus ces animaux possèdent un organe voméro-nasal permettant la perception de phéromones.

 

Toucher

Le toucher est aussi un sens très développé chez le cheval. Le bout du nez et des lèvres sont très innervés et munis de vibrisses, il les utilise considérablement pour explorer son environnement. Toute la surface de la peau possède une sensibilité tactile très fine. Le flanc du cheval serait la zone la plus sensible au toucher, équivalente à l'arrière de nos mollets!

Vue

La faculté visuelle des chevaux est très différente de celle des humains ; le champ monoculaire est très large (215°) alors que le champ binoculaire est réduit (60 à 70°). Un cheval ne voit pas ce qui se trouve juste face à lui, il ne voit pas non plus sa croupe ni le long de ses flancs (zone aveugle). Etant donnée la taille du champ binoculaire, le cheval ne voit pas bien en relief et distingue mal les objets vers l'arrière.

Son pouvoir d’accommodation est limité du fait que la netteté de l’objet dépend de l’inclinaison de l’œil, donc de la position de la tête, en raison de l’originalité du procédé d’accommodation. Pour passer de la vision rapprochée à la vision éloignée, le cheval doit modifier la position de la tête ; l’image d’un objet situé à l’infini se forme dans la partie inférieur de la rétine (petite distance focale) et l’image d’un objet très proche se forme dans la partie supérieure de la rétine (distance focale plus grande). Pour que le cheval voit nettement un objet intermédiaire, il faut qu’il lève la tête.

La perception des objets en mouvement, particulièrement s’ils se déplacent dans le plan horizontal, est bonne. Le cheval est connu comme étant un animal 'sur l'oeil' mais il faut comprendre qu’il ne perçoit pas son environnement comme nous et perçoit mieux les mouvements. La vue brutale d’un objet mal défini en mouvement provoque une réaction de fuite.

 

Sa vision nocturne est équivalente à celle du chien donc meilleure que celle de l’Homme. La sensibilité chromatique est mal connue mais il semble que le cheval puisse discriminer, par ordre d’efficacité croissante, le jaune, le vert, le bleu et le rouge.