Bien dans son corps et dans sa tête

Veiller au bien-être d'un animal consiste à préserver son intégrité physique et psychologique, et par conséquent à être capable de l'évaluer.

 

Or, le bien-être est très difficile à évaluer, à mesurer et les critères proposés par certaines sont souvent contestés par les autres.

Plusieurs méthodes ont été proposées à partir de critères de santé, d’alimentation, d’hébergement, de comportement au travail ou en main voire de conduite du troupeau mais jusqu'à présent, aucun ne fait encore l'unanimité..

Bien dans ses pieds  

Le pied supporte tout le poids du corps, amortit les chocs et propulse le cheval. Sa structure est complexe tant du point de vue osseux qu'articulaire ou vasculaire et fortement sollicitée. Il mérite donc un grande attention quelle que soit l'activité et l'âge du cheval.

Dans cette partie sont présentés la complexité de la structure du pied et de ses différents tissus, les soins nécessaires et les atteintes. La dernière partie élargit les atteintes du pied aux boiteries les plus frequemment rencontrées. 

 
Structure du pied 

Le sabot entoure le pied et constitue sa partie externe. Il se compose essentiellement de kératine, protéine conférant à la fois rigidité et souplesse. Il protège les structures internes.

 

Sa partie la plus externe se nomme la paroi et la surface d'appui, la sole. 

Le bourrelet principal situé au niveau de la couronne fait partie de la membrane keratogène, il 'produit la kératinedonc la corne de la paroi.

Il surplombe le podophylle dans sa partie interne et se trouve surplombé par le bourrelet périoplique dans sa partie externe et proximale (qui produit à la fois le périople - vernis protecteur du sabot - et le stratum externum) !

sabot, pied, cheval

Le podophylle est solidement uni à la phalange distale, aux cartilages ungulaires (non apparents sur le schéma), et à la paroi par des feuillets de corne auxquels l'os est solidement amarré. Il est parcouru par un riche réseau vasculaire et nerveux donc engendre une sensibilité tactile et douloureuse, siège de pathologies lors de fourbures, tumeurs cornées.

Les cartilages ungulaires sont en lien avec toutes les structures, très vascularisé. Ils débordent largement au dessus des sabots et sont donc facilement palpables. 

Le tissu velouté est la partie de la membrane kératogène qui produit la corne de la sole, de la fourchette et des barres. Il tapisse la face plantaire sous la phalange et sous le coussinet plantaire (torus digital). 

 

Le coussinet plantaire a un rôle d’amortissement mais également des fonction sensitives et vasculaires importantes par compression des plexus veineux cartilagineux profonds. L'alternance de pression-dépression sur le pied assure un véritable pompage veineux, essentiel à la santé du pied. 

La paroi a une épaisseur en pince de 12 à 14 mm et de 8 à 9mm au niveau du talon, elle pousse de haut en bas à raison de 8 mm par mois, voire 1 à 2 cm par mois en pince, c'est ce qu'on appelle l'avalure.

La mobilité du pied est assurée par des tendons (extenseurs et fléchisseurs) qui servent d’intermédiaires entre les os et les muscles. Chaque articulation est maintenue par un ensemble complexe de ligaments.

De façon simplifiée, lorsque le cheval pose son pied au sol, les talons sont à l’appui. Or, le talon est un ressort a une certaine malléabilité à l’écrasement. Le coussinet plantaire s’écrase contre la fourchette et le sol grâce à sa souplesse.

L’écrasement fait pression sur les cartilages ungulaires et par leur intermédiaire sur les parties latérales du sabot, principalement dans la région des talons, absorbant une partie du choc au bénéfice des organes plus sensibles du pied.

 

La fourchette a également un rôle dans l’amortissement et retient l’écrasement de ce coussinet.

En vue de profil, un bien est 'équilibré' lorsque l’angle d'inclinaison de la paroi en pince est dans le prolongement de l’angle donné par le paturon.


Avec un angle trop ouvert, le pied n’assure plus correctement son rôle d’amortisseur car la fourchette n’est plus au sol. Avec un angle trop fermé, les talons deviennent insuffisants et les tendons sont plus sollicités ce qui entraîne aussi une fatigue.


Un pied plat a la sole qui se rapproche du sol et les talons sont écrasés et ne peuvent plus s’écarter. Généralement la paroi n’a pas de hauteur.

La sole doit être légèrement concave dans toutes les directions. Tout comme la fourchette et la paroi, elle ne doit pas présenter d'atteintes (bleimes, seimes, clous, pourriture, etc.). 

Les déformations du pied 

Le pied-bot est la conséquence de la rétractation du tendon fléchisseur profond. La boîte cornée se développe verticalement, les talons sont massifs, la fourchette est enserrée par une sole très dure, irrégulière et convexe par endroits. Classiquement, le pied-bot est traité par le maréchal-ferrant qui pose un fer à la florentine. 

Une méthode alternative consiste à déferrer le pied et à appliquer des techniques de parage "naturel" afin de descendre les talons et remettre ainsi le tendon perforant (tendon fléchisseur profond) au travail. 

L'encastelure est une contracture des talons. Elles est souvent provoquée par une limitation des efforts d'appui des régions postérieures du sabot pendant une période prolongée (douleur, maladie naviculaire, mauvais parage, etc.,...), les talons se resserrent, la sole et les lacunes se creusent et la fourchette s'atrophie. Si le sabot est très serré en talon, il peut comprimer la 3ème phalange et occasionner une boiterie. Avant toute intervention, il faut identifier la cause puis redonner aux talons leur fonction d'appui par la pose de fer spéciaux. Un travail régulier sur un sol ferme, une ferrure orthopédique et de l'application quotidienne de graisse peut conduire à une restauration fonctionnelle en un ou deux ans. 

 

Autres déformations du membre

On appelle tares toute déformation permanentes d'un membre. Les tares dures peuvent être dues à des déformations lors de la croissance osseuse ou être la conséquence d'une périostite.

 

Elles apparaissent sur les os (exostoses, jardes, suros, formes) et les tares molles au niveau articulaire (synoviales des tendons, atteintes ligaments ou cartilage). Les molettes caractérisent la distension de la synoviale articulaire, elles sont localisées juste en avant et au dessus des os grands sésamoïdes). Elles sont dues à un épanchement de synovie mais non accompagné de boiterie. L'entraînement intensif provoque très souvent des molettes. Elles peuvent aussi avoir une origine alimentaire ou être provoquées par des traumatismes. Elles peuvent devenir chroniques et constituent un vice rédhibitoire lors d’achat de chevaux.

tares dures antérieur
tares dures cheval
 
Entretien du pied 

Le pied doit être entretenu régulièrement, y compris pour les chevaux qui travaillent le moins ! Les soins courants

sont les suivants :

  • Vérification de l'état du pied et curage régulier, notamment avant et après le travail.

  • Lavage et séchage de temps en temps

  • Graissage avec un produit adapté, à base d’huile végétale. Il faut privilégier la couronne (le haut du sabot) où est produite la corne. 

Selon les chevaux, le sol ou la météo, le pied peut être trop sec ou trop humide. Lorsque le pied est trop sec, il faut lui appliquer des huiles, des graisses ou des onguents pour assouplir la corne.

Inversement, si le pied est trop mou (corne tendre), il faut l'assécher et l'isoler de l'humidité en appliquant une graisse à à base de goudron de Norvège pour le durcir (onguent noir). L’excès d’humidité est préjudiciable car provoque une macération et risque d'abîmer la fourchette. Pour soulager les 
fourchettes abîmées, on peut appliquer des pansements de coton imbibés d’une solution de sulfate de cuivre ('Liqueur de Vilatte').

Les produits d'entretien

Les huiles évitent le dessèchement du pied et l'assouplissent. Elles conviennent particulièrement aux chevaux aux sabots fragiles qui supportent mal la ferrure. 
 

  • L’huile de laurier assouplit le sabot et stimule l'avalure. Elle prévient la formation des seimes. 

  • L’huile d’olive peut être également appliquée sur des pieds secs. 


Les graisses peuvent être végétales, animales, minérales … Elles sont appliquées sur des pieds secs.
 

  • La graisse de poisson apporte de la vitamine A et D. 


Attention, les graisses ne doivent pas être mélangées au goudron de Norvège. 

Les onguents blonds et verts hydratent et nourrissent le pied. 

Les onguents noirs sont astringents, il assèchent et ont un effet désinfectant. 
Ils préservent le pied de l’humidité tout en conservant une corne souple. 


Les goudrons végétaux sont désinfectants et protecteur de la sole et de la 
fourchette. 

Attention à ne pas les appliquer sur la paroi, car cela pourrait rendre la corne cassante !


Le goudron de Norvège protège, durcit et renforce la corne. Il peut être appliqué pour protéger la sole fragile.

La liqueur de Vilatte permet d’assainir une fourchette et des lacunes pourries ou qui dégagent simplement une odeur nauséabonde. 

Un pied doit être régulièrement paré, qu’il soit ferré ou non. C'est essentiel à la santé du pied mais aussi à l'équilibre biomécanique du membre. Un pied mal ou pas suffisamment paré peut provoquer des fatigues tendineuses ou articulaires donc des douleurs et boiteries qui peuvent se répercuter sur l'équilibre musculaire, avec des conséquences articulaire vertébrales ! 

L'avalure est influencée par le parage. En principe, le pied pousse plus verticalement et l'avalure est moins importante du côté des plus fortes pressions qu'il subit. Inversement, l'avalure augmente du côté des moindres pressions. 

Un pied est donc paré d'aplomb lorsque les tendons, articulations et autres structures subissent les pressions les plus faibles possibles. Lorsqu’on modifie les angles de pieds dans le plan sagittal, on modifie les tensions sur les ligaments et tendons qui stabilisent l’équilibre dorso-plantaire du pied. Une odification des aplombs dans le plan frontal va engendrer des contraintes articulaires de torsion au risque d'exercer une pression excessive sur les os et cartilages du côté de l'angle fermé et étirer les ligaments collatéraux opposés. Le côté compressé des os se surminéralise avec risque d’apparition de suros, d’ostéophytes, etc. Du côté opposé, les ligaments tiraillés risquent de se minéraliser, de perdre leur élasticité, voire de se rompre. C'est tout l'art de la marechallerie. 

Le fer protège le pied de l'excès d'usure et des irrégularités de terrain. Il peut aussi avoir un rôle orthopédique lorsque c'est nécessaire. Mais le fer n'a pas d'intérêt pour un cheval qui resterait au pré, au contraire, il modifie les appuis naturels et limite les mouvements du pied lors de la marche, dont nous avons vu l'importance précédemment.

 

En outre, un cheval qui travaille peu n'use pas suffisamment sa corne, a fortiori si il est ferré !  

 
Atteintes de la région du sabot

Il est primordial, pour le confort du cheval, de surveiller les pieds et de réagir rapidement face à un problème de pied et/ou  d’aplomb.

Les coups et autres traumatismes de la sole peuvent provoquer des bleimes. On pourrait la comparer à un coup de marteau sur le doigt qui provoque un hématome sous l'ongle. 

 

Elles peuvent être dûes à : 

  • Des caillous, des irrégularités de terrain

  • Des piqûres entraînant des abcès.

  • La pénétration de corps étrangers ('clou de rue').

seimes cheval

Les seimes sont des fendillements de la paroi, du bas vers le haut (plus fréquent) ou du haut vers le bas.

Les causes d'une seime sont multiples :

  • agressions extérieures, pieds trop secs

  • un mauvais brochage du clou par le maréchal

  • fer est mal adapté


Certaines carences alimentaires peuvent accentuer la fragilité de la corne. La Biotine peut notamment être administrée pour renforcer la corne.


Du haut vers le bas, les seimes sont généralement provoquées par des atteintes dans la région de la couronne (bourrelet cutidural) perturbant l'avalure localement. Des seimes peuvent aussi apparaître en quartier/talons, dues à une mauvaise conformation du pied ou un ferrage inadapté.

Le cheval est toujours susceptible de s'enfoncer une épine, un clou ou autre corps étranger dans le pied. C'est ce qu'on appelle le clou de rue. La gravité et le boiterie sont aggravés avec la profondeur du corps étranger qui est en général difficile à localiser. Ils doivent pourtant être localisés et éliminés, et la région atteinte doit être parée et désinfectée. Les atteintes les plus profondes (notamment si le tendon fléchisseur profond, l’os naviculaire et/ou la troisième phalange sont touchés) sont des urgences chirurgicales..

Le glome est une affection plus ou moins étendue de la paroi du sabot dans la région de la pince, caractérisée par une modification des caractéristiques de la corne. C’est le plus souvent une séquelle de la fourbure légère chronique. La surface externe de la paroi est farineuse voire présenter une cavité. Le glome peut évoluer en infection avec formation d’abcès. La partie atteinte doit être nettoyée et bandée avec du goudron de geniève et de l’étoupe. Si l'atteinte est  légère, le travail peut se poursuivre, dans le cas contraire, il peut être nécessaire d’éliminer la paroi de la région atteinte.

Les coussinets fendus sont dus à un déséquilibre du pied avec une asymétrie des coussinets : un côté du talon touche le sol avant l’autre, ce qui crée une force de cisaillement au niveau des bulbes du talon, une croissance asymétrique de la pince et une contraction chevauchante sévère des talons. Un parage et une ferrure correctifs doivent être mis en place.

La pourriture est un eczéma suintant de la fourchette. Cela se caractérise par un suintement malodorant, plus ou moins purulent, de la lacune médiane et parfois des lacunes latérales. L’apparition de cette affection est favorisée par l'humidité et un entretien insuffisant des pieds. Elle provoque rarement une boiterie sauf si les tissus sous-jacents sont atteints. Des soins locaux et une mise au sec sont alors nécessaires.

 

L'échauffement est une dégénérescence de la fourchette associée à une infection bactérienne secondaire qui débute dans les sillons. Elle est provoquée par des conditions d’humidité prolongées et par un nettoyage insuffisant des sabots. Le sillon atteint présente un écoulement noir, épais et une odeur fétide caractéristique. Le traitement doit commencer par le séchage et nettoyage du sabot, l'application de goudron après exérèse du tissu malade.

L’abcès est une infection du tissu velouté, généralement occasionné par un traumatisme primaire suivi d’une infection bactérienne. Quelques jours après le traumatisme, le pied devient chaud et le cheval commence à avoir des difficultés à se déplacer. Le traitement consiste à ouvrir l’abcès en creusant la sole jusqu’à l’atteindre, permettant au pus de s’écouler avec association d’une aspetie locale et d'un traitement antibiotique. 

Les fourmillières sont provoquées par des abcès qui s'étendent au delà de la sole et remontent le long de la ligne blanche en formant un trajet fistuleux. L’abcès finit par percer au niveau de la couronne. Le traitement des fourmilières est plus difficile que celui d’un abcès normal avec des risques de récidives.

La maladie de la ligne blanche est due à un champignon du genre Teigne, qui ronge le sabot et peut provoquer la chute de la boîte cornée. Les symptômes sont l’apparition d’une abondante poudre blanche à la base du pied et des suintement au bourrelet. Le cheval devient boiteux. Là aussi, le traitement consiste à racler la région affectée, puis à appliquer des fongicides et à donner un bon support au pied avec une ferrure orthopédique si la paroi a subi des dommages importants.

Le crapaud est une maladie de la sole (qui devient terne ou grisâtre) puis des fourchettes. Elle est souvent due à des litières mal entretenues. Le signe caractéristique est la forte odeur nauséabonde qui se dégage du sabot lorsqu’on le nettoie. Le vétérinaire coupera les tissus morts, badigeonnera avec de la liqueur de Villate ou avec une poudre astringente et dessiccative et fera un pansement et préconisera un traitement antibiotique pour éviter une infection secondaire.

Le paturon est une zone sensible, il peut aussi être touché. Les crevasses sont des inflammations de la peau au niveau du creux du paturon. Elles sont dues au froid, à l'humidité et la boue. Si rien n'est fait, une plaie apparaît et l'infection s'installe. Dans les cas les plus graves, le cheval peut boiter. Un traitement drastique est habituellement efficace : rasage des poils, nettoyage, séchage et application d’un pansement astringent. Si les granulomes apparaissent, ils doivent être cautérisés. La cellulite exige un traitement antibiotique général et la prévention du tétanos. La gale de boue est une parasitose due le plus souvent à un acarien, le Chorioptesbovis. Elle commence généralement par des crevasses et peut très vite évoluer vers des surinfections bactériennes si des soins ne sont pas prodigués à temps. 

 
Boiteries et autres atteintes des membres 

Une boiterie est un désordre dû à la structure ou à ses fonctions qui est détectable en mouvement ou à l’arrêt.

Selon certains auteurs, une majorité des boiteries (de l’ordre des 2/3) affectent sur les antérieurs (rôle d’amortisseur et de direction, plus porteurs que les antérieurs) et la majorité des boiteries des antérieurs sont plutôt des boiteries basses. Inversement, les boiteries des postérieurs sont plutôt des boiteries hautes (grasset, jarret, hanches, sacro-iliaques).

Les causes sont diverses : 

  • Traumatismes : coups de pieds, chutes, faux mouvements, sol irrégulier

  • Anomalies de conformation ou de locomotion 

  • Infectieuses 

  • Désordres métaboliques : fourbure notamment

  • Troubles circulatoires 

  • Troubles neurologiques 

  • Ferrure ou parage inadaptés : pince ou talons trop hauts ou courts, asymétrie, etc.

  • Suite d'irritations dentaires

  • Sol trop dur, il a tendance à accentuer les douleurs musculaires et articulaires / trop mou, il a tendance à accentuer les désordres tendineux et ligamentaires

  • Travail : fatigue et manque d’entraînement fragilisent les structurent et favorisent les atteintes, sollicitation excessive d’un cheval trop jeune ou trop âgé prédispose à certaines fractures, atteintes articulaires, distension ou élongations

  • Tares dures, tares molles

Types de boiteries

Les boiteries peuvent être basses (ou d’appui) et observables lorsque le cheval porte son poids ou pose le pied sur le membre atteint. Parfois, il n’y a pas de déficit de flexion du membre.

Boiterie hautes (de soutien) sont observables quand le membre n’est plus à l’appui, donc lorsqu’il décrit sa phase pendulaire. Cette fois, on observe un déficit de flexion et dans la plupart des cas, la trajectoire du pied est modifiée. 

Boiteries mixtes et complémentaires. Dans ce cas, les deux types de boiterie sont associés, le membre est atteint dans sa mobilité et dans son rôle de soutien.

 

Une boiterie dite complémentaire est la conséquence d’une boiterie dite primaire. Le cheval compense une douleur à un autre niveau, soit sur le même membre, sur un membre controlatéral (de l'autre côté), sur un membre homolatéral (ud même côté). La boiterie complémentaire, une fois en place, peut alors aggraver la boiterie primaire ou masquer progressivement les signes de la boiterie primaire. Les boiteries des postérieurs sont plus difficiles à déceler que celles des antérieurs. On dit parfois 'une boiteries de l'antérieur de voit et une boiterie du postérieur s'entend'. Et pour compliquer encore un peu plus la tâche, une boiterie du grasset est difficile à différencier d’une boiterie du jarret.

Les différentes combinaison de boiteries et leurs évolutions rendent l'analyse parfois complexe. C'est souvent le propriétaire et/ou le cavalier qui fournissent des informations déterminantes pour faire le choix thérapeutique. 

Atteintes ossseuses

La plupart des fractures apparaissent suite à un traumatisme, donc du jour au lendemain. Les causes sont multiples mais la fatigue, l’âge, les irrégularités de terrain, la défectuosité des aplombs ou un parage inadapté sont des facteurs qui prédisposent.

Elles sont amplifiées au travail et provoquent le plus souvent des douleurs aigües (suppression de l’appui) associées à gonflements et chaleur locale, éventuellement distension de la capsule ou crépitations articulaires. Le poul peut aussi être augmenté localement. Néanmoins, certaines fractures sont discrètes et mal diagnostiquées si un examen approfondi et une radio n’est pas réalisée. 

Les ostéites désignent des inflammation de l'os, quelle que soit leur nature (bactérienne, mycotique ou parasitaire). Elles peuvent être provoquées par des altération de la vascularisation, la déminéralisation peuvent être en cause, ou un traumatisme. Elles peuvent aussi avoir une origine infectieuse. On rencontre des ostéites des phalanges, notamment P3 au niveau du processus extensorius (insertion tendon extenseur dorsal du doigt) ou au niveau des insertions ligamentaires des os grands sésamoïdes. 

Atteintes musculo-tendineuses

 Les muscles et tendons peuvent être atteintes à des degrés divers, de l'étirement à la rupture. 

Ruptures de muscles et tendons

Le muscle troisième péronier est entièrement fibreux et lorsqu’il est rompu, on ne note pas de douleur à l'appui mais une incapacité du cheval à fléchir son jarret, le membre pend mollement. Une rupture de la corde du jarret (tendon d'Achille!) est plus rare car elle concerne deux tendons. Le membre est alors en hyperflexion, le jarret peut même descendre jusqu'au sol! L'inflammation du muscle tibial crânial, de sa bourse subtendineuse et des tissus mous environnant serait responsable d’une grande majorité des boiteries des trotteurs attelés. Elle est souvent bilatérale. Elles peuvent entraîner des exostoses sur la face dorsale des os du tarse. Les sections accidentelles du tendon extenseur dorsal du doigt sont assez fréquentes. Sur l’antérieur, elles surviennent entre le carpe et le boulet. Sur le postérieur, elle survient juste au dessous du jarret. Le membre est alors fléchi

La rupture du tendon extenseur radial du carpe se produit rarement et la boiterie est typique : les tendons fléchisseurs ne sont plus compensés et provoquent une flexion exagérée pendant la locomotion. La palpation de la face dorsale du genou révèle l’absence du tendon et l'atrophie de la partie charnue. La rupture des tendons fléchisseurs des phalanges se produit généralement entre le carpe - jarret et le boulet. Tous les degrés de lacération sont possibles. Le membre présente une tuméfaction plus ou moins importante et la boiterie varie selon la gravité et l'ancienneté de la blessure. Si le tendon est sectionné, le boulet descend. 

Tendinites 

Elles sont provoquées par des traumatisme, un effort excessif, des aplombs longs jointés, la fatigue, l'excès de poids, un parage tardif (sabots trop longs), des guêtres trop serrées ou une ferrure inadaptée. Elles touche plus souvent le tendon perforé. Les signes sont : engorgement, chaleur, douleur à la palpation, boiterie. La cicatrisation évolue vers une granulation qui s’organise ensuite en tissu fibreux.

Contracture des tendons

Elle peut avoir une origine congénitale, tératogènes (embryonnaire) ou acquise. Elle affecte le perforé ou perforant. Le ligament peut aussi présenter le même symptôme quand les deux tendons sont touchés. Les contractures acquises sont souvent liées à la douleur (épiphysite, ostéochondrose dissécante, arthrite, plaie ou infections). Elles provoquent la remontée des talons et l’apparition d’un pied bot (contractures acquises du poulain) ou un pied bouleté (contracture du perforé ; yearling ou chevaux de 2 ans).

Atteintes articulaires

Ostéochondrose
 
La chondromalacie de la rotule est une dégénérescence du cartilage articulaire de la rotule. Elle peut être consécutive à une maladie inflammatoire ou à une prédisposition à l’accrochement rotulien.

L’ostéochondrite dissécante du grasset affectent surtout la lèvre latérale de la trochlée fémorale. Il existe d’autres types d’arthrite (séreuses, suppurées, ostéoarthrites). La boiterie est légère et parfois associée à une atrophie musculaire du côté atteint. Si l’articulation est atteinte d’une arthrite infectieuse (suppurée), il y a chaleur, douleur, tuméfaction.

Les causes d'arthrites de l'épaule sont multiples. La plupart du temps, elles font suite à des lésions osseuses (provoquées par des fractures du processus coracoïde ou trochiter de l’humérus). L'ostéochondrose du poulain peut aussi évoluer en arthrite. 

L'arthrite traumatique du genou se manifeste par une inflammation aigüe ou chronique de l’articulation du carpe. 
L'arthrite peut se transformer en ostéo-arthrite dégénérative. Les inflammations capsulaires et ligamentaires peuvent provoquer des néoformations osseuses.

L' arthrite traumatique de l’articulation Méta-P1 provoque l'inflammation de la capsule articulaire, elles est souvent liée à des traumatismes répétés. Apparition de synovite qui provoque une distension puis inflammation de la capsule articulaire. La boiterie est franche. Si les deux membres sont atteints, la démarche est étriquée. Chaleur, douleur et tuméfaction importante de la face dorsale du boulet qui devient plus dure et engendre des exostoses. Les réactions à la flexion et à la palpation sont variables.
Le javart cartilagineux est une inflammation chronique et purulente d’un fibrocartilage (dans le pied) issu de plaies pénétrantes de la sole ou d'abcès. les signes sont un œdème, de la chaleur, douleur. On note une boiteries en phase aigüe qui peut être accompagnées de formes cartilagineuses et entraîner une déformation du pied.

Une bursite est une inflammation aiguë ou chronique de la bourse synoviale d'un tendon. Les hygromas (du coude ou du genou) sont des dilatations des poches synoviales. Voir ci-dessus : autres déformations des membres

Atteintes articulaires

 
Les atteintes des ligaments vont de l'entorse légère la rupture complète. Une rupture complète engendre une douleur intense en phase aigüe qui diminue dans les 24h. Toutes les formes existent et peuvent être associées à de l'arthrite, à des épanchements de synovie, à des fractures ou à des néoformations osseuses. 

Les luxations sont des déplacements d'une surface articulaire vis-à-vis d'une autre, opérant ainsi une rupture de continuité articulaire. 

Elles sont issues de chutes, glissades, traumatismes de torsion ou traction violente. On évoque aussi des traumatismes répétés et de l’arthrose.

Le blocage de la rotule sur la lèvre médiale de la trochlée fémorale (accrochement rotulien) empêche la flexion du membre tendu dans une position caractéristique. 

 

L'accrochement est liée à la conformation donc une prédisposition héréditaire existe mais elle est parfois traumatique. Un mauvais état général peut aussi la favoriser. La luxation latérale de la rotule (vraie) est différente.

Atteintes neurologique


 
Le harper est une maladie ancienne caractérisée par une flexion exagérée et un retard à l’extension de l’un ou des deux jarrets. Prévalence différente selon le pays et la saison, origine neuro-toxique supposée.
 
Le shivering provoque des mouvements involontaires des muscles de la queue et des membres. Souvent les postérieurs, parfois les antérieurs. Supposée faire suite à des maladies de type grippe ou gourme.

Le terme Wobbler a été attribué à tous les sujets présentant des signes d’ataxie ayant pour origine une malformation cervicale moyennes. Il existe une prédisposition génétique, une croissance trop rapide, une alimentation déséquilibrée et trop énergétique ou des tensions vertébrales biomécaniques peuvent être à l'origine de des compressions de la moelle épinière et engendrer un Wobbler. 

La paralysie du nerf radial (dont les émergences se situent au niveau des cervicales basses) est souvent traumatique ou métabolique.  La paralysie du nerf fémoral (émergences au niveau lombaire) peut aussi être d'origine traumatique. Le membre pelvien est alors anormalement fléchi et ne peut quasiment pas avancer. Les paralysies peuvent engendrer des fontes musculaires (amyotrophie).

Angles relatifs du sabot de cheval, vue de profil